L'homme du mois
Chaque mois, nous rencontrons une personnalité différente : artiste, créateur,
sportif ou musicien... Les hommes qui font le monde d’aujourd’hui ont
rendez-vous chez Ça Reste Entre Nous.
Ce mois-ci, rencontre avec SOPRANO, rappeur et compositeur Français originaire des Comores. Ce musicien éclectique se livre sur son parcours, son actualité, ses projets et son rapport avec la mode. Découverte d’un homme qui prone le partage et l’optimisme au Sofitel Vieux-Port de Marseille.
SON PARCOURS
1995 : Création du groupe Psy 4 de la rime
2002 : Création du label Street Skillz Records
2007 : Sortie de son premier album solo " Puisqu'il faut vivre"
2011 : Sortie de l'album " Le Corbeau"
2012 : Nomination aux NRJ Music Awards 2012
DISCOGRAPHIE
Albums solo :
2007 : "Puisqu'il faut vivre", 2010 : "La Colombe"
2011 : "La Colombe et Le Corbeau"
Psy 4 de la rime :
2002 : "Block Party", 2005 : "Enfants de la Lune", 2008 : "Les Cités d'or"
2012 : "4ème dimension"

Vue mer
Chemise Wrangler
Doudoune réversible Adidas Originals
SOPRANO : Ça a l’air un peu bateau comme réponse mais c’est Michael Jackson ! Petit je regardais les clips des Jackson five, puis les clips de Michael Jackson en carrière solo et ça me faisait rêver ! Autre chose plus personnelle : je faisais parti d’une chorale musulmane (une Madrassa), j’adorais chanter ! À la base, ce n’est pas le rap qui est arrivé en premier, je suis issu d’une génération funk, soul, mais pas que ! J’écoutais aussi Supertramp, Tracy Chapman, Ben Harper… j’étais déjà très ouvert à toutes les influences musicales !
CREN : Qu’est-ce qui te fait le plus vibrer dans ton métier ?
SOPRANO :La scène ! La scène c’est la somme de tout ! Là ou certains font des disques uniquement pour les mettre dans les bacs, moi je fais des albums pour monter sur scène ! C’est un truc de fou, on a fait le tour du monde, des concerts en Afrique, en Europe, au Canada, on est même allé jouer à Bratislava devant une salle pleine, le public connaissait par cœur mes lyrics ! Il n’y a pas de meilleur endroit que la scène pour mesurer l’impact de ta musique et faire vibrer les gens. Puis c’est avant tout une aventure humaine, on part en bus avec les potes, ambiance colonie de vacances, je n’ai pas l’impression de travailler tellement je prend du plaisir !
CREN : L’Afrique est importante pour toi, est-ce que tu peux
nous en parler ?
SOPRANO : L’Afrique c’est différent : lorsque j’ai joué le morceau « Hiro » au Togo, je n’ai jamais eu autant de frissons de ma vie, les mots sont plus impactants en Afrique. J’ai rendu hommage sur scène à l’équipe du Togo victime d’un attentat lors de la Coupe (de football) d’Afrique des Nations et j’ai vu des militaires et des mamans chanter en chœur avec moi, c’était très émouvant. Petite anecdote : à mon arrivée en Guinée, je suis pris dans un énorme embouteillage sur la route du stade ou je devais jouer. Je n’ai compris qu’en arrivant sur scène que toutes cette foule était là pour moi ! Ce jour là j’ai eu l’honneur de jouer devant 100 000 personnes !
CREN : Et les Comores, ton pays d’origine ?
SOPRANO : Là-bas quand on fait un concert, on est accueillis par le président de la république et escortés par l’armée ! Il y a deux artistes très importants aux Comores : Rhoff et Psy4, le groupe dont je fais partie, c’est une fierté de jouer là-bas, j’ai des frissons à chaque fois que je monte sur scène, le public est fier de moi car je représente les Comores.
CREN : Aujourd’hui quelles sont tes sources d’inspiration ?
SOPRANO : Ça peut partir de Coldplay ou Muse, jusqu’à Drake, Keanie West ou Jay-Z… Je suis un grand fan de Balavoine : le titre « Tous les cris les SOS » m’a inspiré de nombreux morceaux. Je suis super éclectique, j’aime la musique ! Après le rap c’est ce qui m’a permis de sortir du quartier.
CREN :Quel est l’album dont tu es le plus fier ?
SOPRANO : Mmm… le choix est difficile mais je vais dire « Puisqu’il faut vivre », le premier album qu’on a travaillé avec mon équipe sur mon label. Les albums précédents avec les Psy4 de la Rime avaient été réalisés avec Akhenaton sur son label « la Cosca ».
SOPRANO : En premier lieu, la positivité, ensuite la lutte contre le racisme. Le racisme c’est la peur de l’autre. Il faut encourager les gens à se connaître et se rencontrer. J’aime Marseille car c’est une ville cosmopolite où toutes les influences se rencontrent. Comme dans la musique, les styles se rejoignent, c’est la base de la créativité, je ne me fixe pas de limites !
CREN : Quelle est la plus inattendue de tes collaborations ?
SOPRANO : Je crois que c’est la plus connue ! Magic System « Cherie Coco » !!! C’est énorme, c’est le morceau sur lequel j’ai le plus déliré ! Magic System c’est des tontons tu vois ! Au départ ils m’ont appelé avec l’idée de faire une chanson à texte. On a écouté un premier morceau qui me correspondait mais qui pour moi ne reflétait pas cette collaboration avec Magic System. Ils m’ont demandé si je voulais en écouter un deuxième et là : Djamal s’est mis à danser, je me suis levé direct et on a tous dansé ensemble dans le studio, c’était la folie ! Au bout de 15 minutes je savais déjà ce que j’allais chanter, ça a été un gros kiff ! Pour l’anecdote, nous avons composé ce morceau en côte d’Ivoire en pleine période des évènements.
CREN : Est-ce que tes premières expériences à la télévision t’ont donné envie de faire du cinéma ?
SOPRANO : Tu fais référence à « Conte de la frustration » ? C’était une comédie musicale avec Roschdy Zem, Omar Sy, Akhenaton, Oxmo Puccino, Amel Bent, Leila Behkti. Je suis plus attiré par le petit écran. D’ailleurs je suis un grand fan de séries ! J’en regarde tout le temps, en me levant, dans le train, dans l’avion… dès que j’ai un moment de libre !
Je suis un gros drogué de séries ! Ma préférée : « The Wire ».
CREN : Quels sont tes projets pour l’avenir ?
SOPRANO : L’album des Psy4 de la rime qui sort en Février, et ensuite c’est mon album solo qui sort fin 2013.
CREN : L’année prochaine est une année « capitale » pour Marseille comme pour toi ?
SOPRANO : Que Marseille soit capitale Européenne de la culture m’inspire beaucoup de fierté. C’est le moment de venir découvrir des performances artistiques venant de divers horizons.
CREN : Et pour finir, notre traditionnelle question : quel est ton rapport avec la mode ?
SOPRANO : C’est tout nouveau pour moi. À l’époque je m’habillais plutôt style « hip-hop » avec un baggy et de grosses basket façon Kris Kross… Aujourd’hui je suis sensible aux tendances venues d’Angleterre ou encore d’Italie. J’ai choisi sur Ça Reste Entre Nous une chemise Wrangler qui je trouve colle bien à la mode en ce moment, et une doudoune réversible Adidas Originals pour m’accompagner en tournée cet hiver.
Crédits photos Marc Vuillermoz pour Ça Reste Entre Nous ©











